Chapitre 15
Sourate Al-Isra (Le Voyage Nocturne) (verset 1) à Sourate Al-Kahf (La Caverne) (verset 74)
17. Al-Isra (Le Voyage Nocturne)
17.1
Que soit glorifié celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la mosquée sacrée à la mosquée des confins : celle dont nous avons béni les alentours afin de lui montrer d’entre nos signes. Il est à l’écoute, le Clairvoyant.
17.2
Et nous avons donné à Moïse le Livre comme direction pour les fils d’Israël : « Ne prenez pas de garant en dehors de moi. »
17.3
Descendance de ceux que nous avons portés avec Noé. C’était un serviteur plein de gratitude.
17.4
Nous avons écrit dans le Livre au sujet des fils d’Israël, qu’ils sèmeront la corruption sur la terre par deux fois, et qu’ils s’enfleront d’orgueil de façon démesurée.
17.5
Aussi, lorsqu’eut lieu la première des deux époques, nous envoyâmes contre vous des serviteurs à notre service doués d’une force redoutable qui retournèrent les demeures. Ce fut une promesse qui s’accomplit.
17.6
Puis, nous vous avons redonné l’avantage sur eux. Nous vous avons doté de richesses et de fils et nous avons fait de vous les tribus les plus nombreuses.
17.7
Si vous faites preuve d’excellence, c’est au profit de vos âmes. Et si vous agissez mal, c’est contre vous-mêmes. Ensuite, lorsque vint la deuxième époque, ce fut pour faire pâlir vos visages et pour qu’ils pénètrent le temple comme ils y avaient pénétré la première fois, qu’ils démolirent les fondements mêmes de votre grandeur.
17.8
Puisse votre Seigneur avoir pitié de vous ! Mais, si vous récidivez, nous reviendrons. Nous avons fait de la Géhenne un camp pour les négateurs.
17.9
Cette Récitation guide vers ce qu’il y a de plus droit, et annonce à ceux qui accomplissent de bonnes œuvres qu’ils auront une importante rétribution.
17.10
Quant à ceux qui n’ont pas foi dans l’au-delà, nous leur avons préparé un châtiment douloureux.
17.11
L’être humain appelle au mal ce qu’il appelle au bien. Or, l’être humain a toujours été hâtif.
17.12
Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes : nous avons effacé le signe de la nuit, et nous avons rendu visible le signe du jour afin que vous recherchiez les faveurs de votre Seigneur et afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul. Nous avons détaillé toute chose de façon minutieuse.
17.13
Nous avons également attaché son registre au cou de chaque personne. Au Jour de la Résurrection, nous lui sortirons un livre qu’il trouvera déroulé.
17.14
« Lis ton livre. Aujourd’hui, ton âme te suffit comme compte. »
17.15
Celui qui se guide, ne le fait que pour lui-même ; et celui qui s’égare, ne le fait que contre lui-même. Nul n’est chargé du fardeau d’autrui. En outre, nous n’avons jamais infligé de châtiment sans avoir envoyé un messager.
17.16
Lorsque nous avons voulu détruire une cité, nous avons imposé des mesures à ses habitants opulents, qui s’y sont alors livrés à la perversité. La sentence s’est alors réalisée contre elle : nous l’avons entièrement détruite.
17.17
Combien de générations avons-nous anéanties après Noé. Or, il suffit que ton Seigneur soit parfaitement informé et clairvoyant au sujet des péchés de ses serviteurs.
17.18
Quiconque a désiré la vie immédiate, nous lui avons avancé ce que nous voulons pour qui nous plaît. Puis, nous lui avons réservé la Géhenne dans laquelle il sera précipité : méprisé et rejeté.
17.19
Mais quiconque a cherché l’autre vie et s’est mis en chemin pour elle tout en étant plein de foi, ceux-là, leurs efforts seront remerciés.
17.20
Nous accordons à tous, ceux-ci comme ceux-là, des dons de ton Seigneur. Les dons de ton Seigneur n’ont jamais été restreints.
17.21
Regarde comme nous avons favorisé les uns sur les autres. Qui plus est, dans l’autre monde, les rangs seront plus élevés et la faveur plus grande.
17.22
Ne mets pas à côté de Dieu un autre dieu, ou tu resteras assis : méprisé et abandonné.
17.23
Ton Seigneur a décrété que vous n’adorerez que lui, et de traiter avec bonté les père et mère. Si l’un d’entre eux, ou les deux, parviennent à la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas : “Fi”, et ne les brusque pas. Dis-leur des paroles honorables.
17.24
Prends-les sous ton aile en toute humilité et miséricorde. Et dis : “Seigneur ! Fais-leur indulgence comme ils m’ont élevé petit.” »
17.25
Votre Seigneur sait bien ce que renferment vos âmes. Si vous êtes bienfaisants, Dieu a toujours été Plein de pardon envers ceux qui reviennent sans cesse.
17.26
« Donne au proche parent son dû ainsi qu’au pauvre et à l’itinérant. Et ne gaspille pas de façon inconsidérée. »
17.27
« Car les gaspilleurs sont frères des démons, et Satan s’est toujours montré ingrat envers son Seigneur. »
17.28
« Toutefois si tu les évites, à la recherche d’une grâce de ton Seigneur que tu espères, alors, dis-leur des paroles bienveillantes. »
17.29
Ne porte pas ta main enchaînée à ta poche et ne la tends pas non plus sans mesure, car tu finirais assis : blâmé et démuni. »
17.30
Ton Seigneur étend ses dons à qui il veut avec mesure. Il a toujours été parfaitement informé et clairvoyant envers ses serviteurs.
17.31
Et ne tuez pas vos enfants par crainte de la misère. Nous assurerons leur subsistance ainsi que la vôtre. Les tuer a toujours été une grave bévue.
17.32
N’approchez pas non plus de la fornication, car elle a toujours été une turpitude et un mauvais sentier.
17.33
Ne tuez pas davantage la vie que Dieu a rendue sacrée, sauf pour un juste motif. Si quelqu’un est injustement tué, nous avons donné à son protecteur une autorité légitime. Qu’il agisse donc de façon proportionnelle, car il a un appui certain.
17.34
N’approchez les biens de l’orphelin que de la façon la plus diligente, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte. Et respectez pleinement vos engagements, car vous devrez en répondre.
17.35
Mesurez avec justesse quand vous mesurez ; et pesez avec une balance précise. C’est mieux, et les conséquences n’en seront que plus favorables.
17.36
Par ailleurs, ne poursuis pas ce dont tu n’as pas connaissance, car l’ouïe, la vue, ainsi que le cœur, tout cela est source de responsabilité.
17.37
Ne foule pas la terre en te pavanant car tu ne la fendras pas. Et tu ne seras jamais aussi grand que les montagnes.
17.38
Tout cela a toujours été action exécrable auprès de ton Seigneur.
17.39
Voilà ce que ton Seigneur t’a inspiré de sagesse. Ne mets pas à côté de Dieu un autre dieu, car tu serais jeté dans la Géhenne : blâmé et rejeté.
17.40
Votre Seigneur vous aurait-il réservé des fils et choisi des filles parmi les anges ? Vous prononcez là des paroles monstrueuses.
17.41
Nous avons pour sûr exposé toutes les perspectives de cette Récitation pour qu’ils se souviennent. Mais, cela ne fait qu’ajouter à leur répulsion.
17.42
Dis : « S’il y avait à ses côtés des divinités comme vous le dites, elles auraient cherché à renverser le Maître du trône. »
17.43
Glorifié soit-il, l’infiniment élevé au-dessus de leurs paroles !
17.44
Les sept cieux, la terre et tous ceux qui s’y trouvent célèbrent un hymne à sa gloire. Il n’est rien qui ne chante sa louange. Néanmoins, vous ne comprenez pas leurs chants. Pourtant il est infiniment patient et Plein de pardon.
17.45
Lorsque tu lis la Récitation, nous plaçons entre toi et ceux qui n’ont pas foi dans l’au-delà un voile invisible.
17.46
Nous avons également couvert leurs cœurs de voiles qui les empêchent de le comprendre, et nous avons bouché leurs oreilles. Lorsque tu évoques ton Seigneur seul dans la Récitation, ils tournent le dos, pris de répulsion.
17.47
Nous savons parfaitement ce qu’ils entendent lorsqu’ils t’écoutent, et lorsqu’ils se réunissent en secret, et que les injustes disent : « Vous ne suivez là qu’un homme possédé. »
17.48
« Regarde comme ils te font la leçon par des exemples dans lesquelles ils se perdent. Ils sont incapables de trouver le moindre chemin. »
17.49
Et ils disent : « Quand nous serons ossements et poussière, reviendrons-nous donc de nouveau à la vie ? »
17.50
Dis : « Soyez donc pierre ou fer.
17.51
Ou toute autre créature que vous puissiez concevoir. » Ils diront alors : « Qui nous fera revenir ? » Dis : « Celui qui vous a insufflé la vie la première fois. » Ils hocheront alors la tête en disant : « C’est pour quand ? » Dis : « Il se peut que ce soit pour très bientôt. »
17.52
« Le jour où il vous appellera, vous répondrez en chantant ses louanges et vous croirez n’avoir vécu qu’un instant. »
17.53
Dis à mes serviteurs de parler de belle manière, car Satan s’insinue entre eux. Or, Satan a toujours été un ennemi déclaré pour l’Homme.
17.54
Votre Seigneur vous connaît bien. S’il le veut, il vous fera miséricorde, ou, s’il le veut, il vous châtiera. Nous ne t’avons pas envoyé pour que tu répondes de leurs actes.
17.55
Ton Seigneur connaît parfaitement ceux qui sont dans les cieux et sur la terre. Parmi les prophètes, nous avons donné plus de faveurs à certains qu’à d’autres. Et nous avons donné à David les psaumes.
17.56
Dis : « Invoquez ceux que vous prétendez en dehors de lui. Ils ne possèdent ni le moyen de dissiper votre malheur ni de le détourner de vous. »
17.57
Ceux qu’ils invoquent sont eux-mêmes à la recherche d’un lien avec leur Seigneur, pour voir qui est le plus proche, eux qui espèrent sa miséricorde et craignent son châtiment. Le châtiment de ton Seigneur a toujours été redouté.
17.58
Et il n’est point de cité que nous ne détruisions avant le Jour de la Résurrection, ou que nous ne frappions d’un dur châtiment. Tout ceci est inscrit dans le Livre.
17.59
Rien ne nous a empêché d’envoyer nos messagers avec les signes, hormis le fait que les anciens les ont désavoués. Nous avons donné à Thamud la chamelle, manifestation éclatante, mais ils s’en sont rendus injustes. Or, nous n’envoyons nos messagers avec les signes que pour effrayer.
17.60
Et lorsque nous t’avons dit : « Ton Seigneur cerne les gens. » Quant à la vision que nous t’avons montrée, nous ne l’avons fait que pour éprouver les gens, de même que l’arbre maudit dans le Coran. Nous les mettons en garde, mais cela ne fait qu’ajouter à leur transgression effrénée.
17.61
En outre, lorsque nous dîmes aux anges : « Prosternez-vous devant Adam. » Ils se prosternèrent, sauf Iblis, qui dit : « Me prosternerai-je devant ce que tu as créé d’argile ? »
17.62
Il dit : « Vois-tu bien ? C’est celui-là que tu as rendu plus honorable que moi ? Si tu me donnes du temps jusqu’au Jour de la Résurrection, je materai sa descendance, à l’exception de quelques-uns. »
17.63
Il dit : « Va-t’en. Quant à celui qui te suivra d’entre eux, la Géhenne sera votre récompense pleine et entière. »
17.64
« Excite par ta voix ceux d’entre eux que tu pourras, lance contre eux ta cavalerie et ton infanterie, associe-toi à leurs biens et à leurs enfants et fais-leur des promesses. » Satan ne leur promet toutefois que vanités illusoires.
17.65
« En revanche, tu n’auras aucune emprise sur mes serviteurs. » Ton Seigneur suffit comme caution.
17.66
Votre Seigneur est celui qui fait voguer pour vous les navires sur la mer afin que vous cherchiez ses faveurs. Il a toujours été miséricordieux envers vous.
17.67
Lorsque le malheur vous frappe en pleine mer, tous ceux que vous invoquez disparaissent sauf lui. Mais aussitôt qu’il vous a ramenés sains et saufs sur la terre ferme, vous vous opposez. L’Homme ne cesse jamais d’être ingrat.
17.68
Vous croyez-vous à l’abri de ce qu’il ne vous engloutisse sous un pan de terre ou qu’il ne lance contre vous une tempête de pierre ? Vous ne trouveriez alors pour vous aucun garant.
17.69
Ou vous croyez-vous à l’abri de ce qu’il ne vous y ramène une fois de plus, et qu’il ne déchaîne contre vous des vents violents par lesquels il vous noierait sous votre déni ? Vous ne trouveriez alors pour vous nul recours contre nous.
17.70
Et pourtant nous avons honoré les fils d’Adam, que nous avons portés sur terre et sur mer. Nous leur avons prodigué de bonnes choses tout en les favorisant sur un grand nombre de nos créatures.
17.71
Le jour où nous appellerons chaque groupe par son guide, quiconque recevra son livre par sa droite, voilà les gens qui liront leur livre et qui ne subiront aucune injustice, pas même d’une brindille.
17.72
Qui plus est, quiconque aura été aveugle dans cette vie, sera également aveugle dans l’autre et bien plus égaré encore.
17.73
Ils auraient bien pu t’éprouver au sujet de ce que nous t’avons inspiré, afin que tu inventes quelque chose d’hostile à notre égard. S’ils y étaient parvenus, ils t’auraient alors pris pour confident.
17.74
Aussi, si nous ne t’avions pas raffermi, ils auraient pu t’influencer imperceptiblement.
17.75
Auquel cas, nous aurions dû te faire goûter la naissance deux fois, et la mort deux fois. Tu n’aurais alors trouvé pour toi aucun défenseur contre nous.
17.76
De plus, ils auraient bien pu t’inciter à quitter le pays pour t’en bannir. Mais dans ce cas, ils n’y auraient pas vécu longtemps après toi.
17.77
Telles sont les traditions de ceux qu’avant toi nous avons envoyés parmi nos messagers. Tu ne trouveras pas de changement dans nos traditions.
17.78
Accomplis la Dévotion du déclin du soleil au crépuscule de la nuit, ainsi que la récitation de l’aube, car la récitation de l’aube a des témoins.
17.79
La nuit, veille en prières choisies pour toi ; puisse ton Seigneur t’élever à une position pleine de louanges !
17.80
Et dis : « Seigneur ! Accueille-moi au seuil de l’authentique, et mène-moi au dehors de façon authentique, et donne-moi de ta part une autorité triomphante ! »
17.81
Et dis : « La vérité est venue ; l’illusion s’est dissipée, car l’illusion est évanescente. »
17.82
Qui plus est, nous faisons descendre de la Récitation ce qui est guérison et miséricorde pour les gens de foi. Ce faisant, elle ne fait qu’accroître la perte des injustes.
17.83
Lorsque nous accordons des bienfaits à l’Homme, il s’esquive et se barricade. Mais, si un mal le frappe, le voilà qui se lamente bruyamment.
17.84
Dis : « Chacun agit selon son tempérament. Votre Seigneur sait bien qui emprunte le sentier le plus juste. »
17.85
Par ailleurs, ils t’interrogent au sujet de l’Esprit. Dis : « L’Esprit appartient en propre à mon Seigneur. Or, vous n’en avez reçu que peu de science. »
17.86
Si nous le voulions, nous ferions disparaître ce que nous t’avons inspiré. Tu ne trouverais alors en ta faveur aucun garant contre nous.
17.87
Hormis une grâce de ton Seigneur, car sa faveur pour toi a toujours été grande.
17.88
Dis : « Quand bien même les Hommes et les Génies s’uniraient pour produire quelque chose de semblable à cette Récitation, ils ne parviendraient à rien de semblable malgré leurs efforts mutuels. »
17.89
Pourtant, nous avons mis en perspective toute sorte de parabole dans cette Récitation. Mais la plupart des gens refusent tout, sauf l’ingratitude.
17.90
Ils ont dit : « Jamais nous ne te croirons, sauf si tu fais jaillir de la terre une source pour nous.
17.91
Ou que tu possèdes un jardin de palmiers et de vignes, entre lesquels tu feras jaillir des rivières qui y couleront librement.
17.92
Ou que tu fasses comme tu le prétends, tomber le ciel sur nous en morceaux. Ou que tu mettes sous nos yeux Dieu et les anges.
17.93
Ou que tu possèdes une maison de pierres précieuses. Ou que tu t’élèves dans le ciel. Et même là, jamais nous ne croirons en ton élévation, tant que tu ne nous auras pas révélé un livre que nous puissions lire. » Dis : « Que soit glorifié mon Seigneur ! Serais-je autre chose qu’un messager fait de chair ? »
17.94
La seule chose qui ait jamais empêché les gens d’avoir la foi lorsque leur vint la bonne voie, fut qu’ils dirent : « Dieu a-t-il envoyé en guise de messager un être fait de chair ? »
17.95
Dis : « Si des anges pouvaient marcher en toute sûreté sur la terre, alors, nous aurions fait descendre sur eux du ciel un ange en guise de messager. »
17.96
Dis : « Dieu suffit comme témoin entre vous et moi. Il a toujours été parfaitement informé et clairvoyant envers ses serviteurs. »
17.97
Celui que Dieu guide est le bien guidé. Quant à ceux qu’il égare, jamais tu ne leur trouveras d’alliés en dehors de lui. Au Jour de la Résurrection, nous les rassemblerons face contre terre, aveugles, sourds, et muets. La Géhenne sera leur refuge. Chaque fois qu’elle diminuera en intensité, nous accroîtrons leur brasier.
17.98
Telle est leur récompense pour avoir nié nos signes, et avoir dit : « Lorsque nous serons ossements et poussières, reviendrons-nous donc de nouveau à la vie ? »
17.99
Ne voient-ils pas que Dieu qui a créé les cieux et la terre est tout à fait capable de les recréer à l’identique ? Il leur a assigné un terme sur lequel il n’y a guère de doute. Mais les injustes refusent tout, sauf l’ingratitude.
17.100
Dis : « Si c’était vous qui déteniez les trésors de la miséricorde de mon Seigneur, vous les garderiez pour vous de peur qu’ils ne vous échappent. L’Homme a toujours été cupide. »
17.101
Et pourtant, nous avons donné neuf signes irréfutables à Moïse. Interroge donc les fils d’Israël, lorsque Moïse leur vint et que Pharaon lui dit : « Je te crois vraiment ensorcelé, ô Moïse ! »
17.102
Il dit : « Tu sais bien que ces choses n’ont été révélées que par le Seigneur des cieux et de la terre, comme preuves éclatantes. Et je te tiens, pour ma part, ô Pharaon, pour confondu ! »
17.103
Il voulut alors les éradiquer du pays. Nous le noyâmes donc lui et tous ceux qui étaient à ses côtés.
17.104
Nous dîmes après lui, aux fils d’Israël : « Habitez la terre. Et quand viendra la promesse du jour dernier, nous vous ferons comparaître en foule rangée. »
17.105
C’est en toute vérité que nous l’avons révélé, et c’est en toute vérité qu’il est descendu. Nous ne t’avons envoyé que comme annonciateur et avertisseur.
17.106
C’est une récitation que nous avons décomposée pour que tu la lises aux gens posément. Nous l’avons fait descendre par étapes.
17.107
Dis : « Que vous ayez foi en elle ou pas, lorsqu’elle leur est récitée, ceux qui ont reçu la science avant elle se jettent en se prosternant front contre terre. »
17.108
En disant : « Gloire à notre Seigneur ! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie. »
17.109
Et ils se jettent fronts bas en pleurant. Elle ajoute à leur humilité.
17.110
Dis : « Invoquez Dieu ou le Plein de grâce. Quels que soient ceux que vous priez, les plus beaux noms lui appartiennent. » N’élève pas la voix dans ta Dévotion et ne murmure pas non plus. Mais cherche un juste milieu entre les deux.
17.111
Et dis : « Loué soit Dieu qui ne s’est pas choisi d’enfant, qui n’a point d’associé dans sa royauté et qui n’a jamais eu d’allié indigne ! » Proclame hautement sa grandeur.
18. Al-Kahf (La Caverne)
18.1
Louange à Dieu qui a révélé à son serviteur le Livre, et qui l’a préservé de tout défaut.
18.2
D’une droiture parfaite, pour avertir d’une rigueur sans faille de sa part, et pour annoncer la bonne nouvelle aux gens de foi qui accomplissent de bonnes œuvres qu’ils auront une belle rétribution.
18.3
Dans laquelle ils vivront à jamais.
18.4
Et pour avertir ceux qui ont dit : « Dieu s’est choisi un fils. »
18.5
Ni eux ni leurs pères n’en savent rien. Elle a pris de l’ampleur, cette parole qui sort de leur bouche. Ce qu’ils disent n’est que mensonge.
18.6
Peut-être iras-tu jusqu’à te consumer d’amertume sur leurs traces, s’ils n’ont pas foi en cette parole.
18.7
Nous avons fait de ce que porte la terre une parure pour elle, afin de les éprouver : qui d’entre eux agira le mieux.
18.8
Puis nous rendrons sa surface nue et aride.
18.9
As-tu songé que les gens de la caverne et de al-Raqim ont été de nos signes une chose étonnante ? (15)
18.10
Lorsque les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne et qu’ils dirent : « Seigneur ! Comble-nous d’une grâce de ta part et assure pour nous une issue favorable. »
18.11
Nous avons alors éteint leurs sens dans la caverne durant un certain nombre d’années.
18.12
Puis nous les avons ranimés afin de savoir lequel des deux partis avait le mieux compté le temps qu’ils avaient passé.
18.13
Nous, nous te contons leur histoire en toute vérité. Ce sont de jeunes gens qui ont eu foi en leur Seigneur, et à qui nous avons donné un surcroît sur la bonne voie.
18.14
Nous avons affermi leurs cœurs lorsqu’ils se levèrent et dirent : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre. Jamais nous ne prierons de dieu à sa place. Sans quoi, nous aurions proféré une énormité. »
18.15
« Ces gens-là, notre peuple, ont choisi des divinités en dehors de lui. Pourquoi n’apportent-ils pas de preuve irréfutable à leur sujet ? Et qui est donc plus injuste que celui qui forge des mensonges au sujet de Dieu ? »
18.16
« Quand vous vous serez séparés d’eux et de ce qu’ils adorent à l’exception de Dieu, réfugiez-vous dans la caverne. Votre Seigneur répandra sur vous de sa grâce et il vous assistera dans votre choix par une bonne compagnie. »
18.17
Tu vois le soleil lorsqu’il se lève, contourner leur caverne par la droite. Puis, lorsqu’il se couche, il les effleure par leur gauche, tandis qu’ils sont blottis dans une niche. Ceci fait partie des signes de Dieu ! Celui que Dieu guide, est vraiment le bien guidé. Mais celui qu’il égare, tu ne lui trouveras jamais de protecteur sensé.
18.18
Tu les croirais éveillés alors qu’ils dorment. Nous les retournons tantôt sur le flanc droit, tantôt sur le flanc gauche, tandis que leur chien étend ses pattes à l’entrée. Si tu les avais aperçus, tu t’en serais retourné en fuyant, et tu en aurais conçu un grand effroi.
18.19
Et c’est ainsi que nous les avons ranimés afin qu’ils s’interrogent entre eux. L’un d’entre eux dit : « Combien de temps avez-vous demeuré ainsi ? » Ils dirent : « Nous sommes restés ainsi un jour ou à peu près. » Ils dirent : « Votre Seigneur sait mieux combien de temps vous êtes demeurés ainsi. Envoyez donc l’un de vous avec la monnaie que voici en ville, qu’il vous apporte de quoi vous nourrir des aliments les plus purs. Toutefois, qu’il reste discret et que personne ne soupçonne votre présence. »
18.20
« Car s’ils vous découvraient, ils vous lapideraient ou vous contraindraient à retourner à leur culte. Alors plus jamais vous ne pourriez prospérer. »
18.21
Et c’est ainsi que nous les avons fait découvrir, pour qu’ils sachent que la promesse de Dieu est bien réelle, et qu’il n’y a guère de doute au sujet de l’Heure. Tandis qu’ils se déchiraient entre eux sur leur sort, ils dirent : « Construisez sur eux un édifice. Leur Seigneur les connaît mieux. » Ceux qui l’emportèrent sur la décision dirent : « Nous élèverons sur eux une mosquée. »
18.22
Ils diront : « Ils étaient trois, le quatrième étant leur chien. » Certains disent : « Ils étaient cinq, le sixième étant leur chien, » en cherchant à percer le mystère. D’autres disent encore : « Ils étaient sept, leur chien étant le huitième. » Dis : « Mon Seigneur connaît parfaitement leur nombre exact. Peu le savent. » Aussi, ne débats avec eux à leur sujet que de façon pertinente, et ne consulte personne d’entre eux à leur sujet.
18.23
Et ne dis jamais à propos d’une chose : « Je la ferai demain. »
18.24
« Sauf si Dieu le veut. » Évoque ton Seigneur quand tu oublies, et dis : « Puisse mon Seigneur me guider pour que je puisse être plus proche de ceci en droiture ! »
18.25
Ils restèrent dans la caverne trois cents ans et en ajoutèrent neuf.
18.26
Dis : « Dieu sait bien combien de temps ils y demeurèrent. Il connaît le secret des cieux et de la terre. Il est toute vision et toute ouïe. Qu’ont-ils comme allié en dehors de lui ? Qui plus est, il n’associe personne à son jugement. »
18.27
Récite ce qui t’a été inspiré du Livre de ton Seigneur. Nul ne peut altérer ses paroles. Jamais en dehors de lui tu ne trouveras de retraite.
18.28
Fais preuve de patience auprès de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir à la recherche de sa face. Ne détache point ton regard d’eux à la recherche des beautés de ce monde. Et n’obéis pas à celui dont nous avons rendu le cœur inattentif à notre rappel, et qui a suivi ses passions, et dont l’ordre est devenu inconséquent.
18.29
Et dis : « La vérité vient de votre Seigneur. Celui qui le veut qu’il se confie, et celui qui le veut qu’il nie. » Nous avons préparé pour les injustes un feu qui les encerclera comme un pavillon tendu autour d’eux. Et s’ils appellent au secours, il leur sera répondu par une eau comme du bitume fondu qui dévore les visages. Quel breuvage détestable et quel effroyable asile !
18.30
Quant à ceux qui se seront confiés et auront accompli de bonnes œuvres, nous ne gâchons point le salaire de celui qui fait œuvre estimable.
18.31
Ceux-là auront les jardins d’Éden. Sous leurs pieds couleront des ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d’or et seront vêtus de vêtements verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans ornés. Quel merveilleux atours et quel délicieux asile !
18.32
Et donne-leur l’exemple de deux hommes : à l’un d’eux, nous avons fait deux jardins de vignes que nous avons entourés de palmiers, et nous les avons entrecoupés de champs de céréales.
18.33
Les deux jardins donnaient leur nourriture sans que rien n’y manque. Et nous avons fait jaillir entre les deux une rivière.
18.34
Il avait beaucoup de fruits. Alors dit-il à son compagnon lors d’une discussion : « Moi, je possède plus de richesses que toi, et je suis bien plus entouré. »
18.35
Il entra dans son jardin en étant injuste envers lui-même. Il dit : « Je ne pense pas que ceci puisse jamais disparaître.
18.36
De même, je ne crois pas que l’Heure viendra un jour. Et si j’étais ramené vers mon Seigneur, je trouverais certes meilleures que ces deux-là en guise de retour. »
18.37
Lors d’une discussion, son compagnon lui dit : « Aurais-tu renié celui qui t’a créé de terre, puis d’une viscosité, puis t’a donné ta forme d’homme ?
18.38
Pour ma part, c’est Dieu qui est mon Seigneur, et je ne lui associe personne.
18.39
En entrant dans ton jardin, pourquoi n’as-tu pas dit : “Les choses sont comme Dieu l’a voulu. Toute force vient de Dieu.” Puisque tu me vois moins bien pourvu que toi en richesses et en progénitures.
18.40
Puisse donc mon Seigneur me donner mieux que ton jardin, et le frapper d’une calamité venue du ciel qui le rende sec et défraîchi.
18.41
Ou que son eau tarisse de sorte que jamais plus tu ne puisses la puiser. »
18.42
Sur quoi, sa récolte fut entièrement ravagée. Au petit matin, il se mit à se tordre les mains de dépit, en raison de ce qu’il y avait dépensé, cependant que ses treilles étaient complètement détruites ; et il disait : « Si seulement je n’avais associé personne à mon Seigneur ! »
18.43
Il n’eut personne pour lui venir en aide à la place de Dieu. Et il ne fut point soutenu.
18.44
Dans ces moments-là, la souveraine protection revient à Dieu, le Vrai. Il est avantage désirable et fin préférable.
18.45
Et donne-leur l’exemple de la vie d’ici-bas : elle est comme de l’eau que nous avons fait descendre du ciel et qui s’est mélangée à la végétation de la terre. Puis, elle devient de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Dieu assoit sa domination sur toute chose.
18.46
Les richesses et la progéniture sont les ornements de la vie d’ici-bas. Mais les bonnes œuvres qui perdurent sont plus désirables comme avantage et espérance auprès de ton Seigneur.
18.47
Le jour où nous déplacerons les montagnes et où tu verras la terre plate et nue, nous les rassemblerons sans en omettre un seul.
18.48
Ils comparaîtront en rang devant ton Seigneur : « Vous voilà venus à nous, comme nous vous avons créés la première fois. Pourtant, vous prétendiez que jamais nous ne vous fixerions de rencontre. »
18.49
Et le Livre sera posé. Alors tu verras les criminels les yeux exorbités devant ce qu’il contient. Ils diront : « Malheur à nous. Qu’a donc ce Livre à ne rien omettre, ni petit ni grand, sans qu’il ne soit mentionné ? » Ils trouveront présent ce qu’ils ont fait. Ton Seigneur ne fait de tort à personne.
18.50
Et lorsque nous dîmes aux anges : « Prosternez-vous devant Adam. » Ils se prosternèrent alors, sauf Iblis parmi les Génies, qui se rebella contre l’ordre de son Seigneur. Le prendrez-vous ainsi que sa lignée comme allié à ma place alors qu’ils sont pour vous des ennemis ? Quelle piètre alternative pour les injustes !
18.51
Je ne les ai pas appelés comme témoin de la création des cieux ni de la terre, ni même à leur propre création, et je n’ai jamais pris pour appui ceux qui égarent.
18.52
Le jour où il dira : « Appelez ceux que vous prétendiez être mes associés. » Ils les appelleront alors, mais ils ne leur répondront pas. Nous placerons entre eux un abîme infranchissable.
18.53
Les criminels verront alors l’Enfer, et comprendront qu’ils y tomberont et qu’ils ne pourront pas y échapper.
18.54
Pourtant, nous avons parsemé cette Récitation de toute sorte de paraboles à l’intention des gens. Mais les Hommes polémiquent sur presque tout.
18.55
Lorsque la bonne voie leur est parvenue, rien n’a empêché les gens d’avoir la foi et d’implorer le pardon de leur Seigneur, hormis les traditions des anciens, ou qu’ils se soient trouvés face au châtiment.
18.56
Nous n’envoyons les messagers que comme annonciateurs et avertisseurs. Or, ceux qui ont renié argumentent de façon fallacieuse pour réfuter la vérité. Ils ont pris pour moquerie mes signes et ce dont ils ont été avertis.
18.57
Mais qui est plus injuste que celui auquel les signes de son Seigneur ont été rappelés et qui s’y est opposé en oubliant ce que ses mains ont commis ? Nous avons couvert leurs cœurs d’un voile pour qu’ils ne le comprennent pas, et nous avons bouché leurs oreilles. Aussi, si tu les appelles sur la juste voie, jamais ils n’y trouveront leur chemin.
18.58
Ton Seigneur est le Plein de pardon et le détenteur de la grâce. S’il les reprenait pour ce qu’ils ont amassé, il hâterait leur châtiment. Mais non. Un rendez-vous leur est fixé. Jamais en dehors de lui ils ne trouveront le moindre abri.
18.59
Telles sont les cités que nous avons détruites dès qu’elles ont commis l’injustice. Nous avions fixé une date pour leur anéantissement.
18.60
Et lorsque Moïse dit à son serviteur : « Je ne m’arrêterai pas tant que je n’aurai pas atteint le confluent des deux mers, dussé-je y passer des années ! »
18.61
Puis, dès que tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors le large en pleine mer.
18.62
Puis, lorsqu’ils l’eurent dépassé, il dit à son serviteur : « Apporte-nous notre déjeuner. Assurément, ce voyage-ci nous a épuisés. »
18.63
Il dit : « Vois-tu ? Lorsque nous nous sommes réfugiés auprès du rocher, j’ai oublié le poisson. Seul Satan m’a fait oublier de l’évoquer. Il s’est alors enfoncé dans les flots de façon surprenante. »
18.64
Il dit : « Voilà ce que nous cherchions. » Puis ils retournèrent sur leurs pas en suivant leurs traces en toute hâte.
18.65
Ils trouvèrent alors un serviteur d’entre nos serviteurs que nous avons comblé d’une grâce de notre part, et à qui nous avons enseigné une science toute particulière.
18.66
Moïse lui dit : « Puis-je te suivre afin que tu m’enseignes de ce qui t’a été enseigné en droiture ? »
18.67
Il dit : « Jamais tu ne pourras être patient à mes côtés.
18.68
Et comment pourrais-tu endurer ce dont tu n’as pas la moindre idée ? »
18.69
Il dit : « Tu me trouveras, si Dieu le veut, très patient, et je ne désobéirai à aucun de tes ordres. »
18.70
Il dit : « Si tu me suis, alors ne me pose aucune question, jusqu’à ce que j’en fasse mention. »
18.71
Puis, ils se mirent en route tous deux jusqu’à ce qu’ils montent sur le bateau et qu’il y fasse une brèche. Il dit : « Est-ce pour noyer ses passagers que tu l’as ébréché ? Tu as fait là une chose grave ! »
18.72
Il dit : « N’ai-je pas dit que jamais tu ne pourrais être patient à mes côtés ? »
18.73
Il dit : « Ne me tiens pas rigueur de ce que j’ai oublié, et ne m’accable pas trop durement. »
18.74
Ils reprirent la route jusqu’à ce qu’ils rencontrent un garçon qu’il tua. Il dit : « As-tu tué une âme innocente sans raison valable ? Tu as fait là une chose détestable ! »