Chapitre 13
Sourate Yusuf (Joseph) (verset 53) à Sourate Ibrahim (Abraham) (verset 52)
12. Yusuf (Joseph)
12.53
Je ne prétends pas être innocente, car l’âme est toujours portée au mal, à l’exception de ceux que mon Seigneur prend en pitié. Mon Seigneur est Plein de pardon et Très Miséricordieux. »
12.54
Le roi dit : « Amenez-le-moi que je le prenne à mon service personnel. » Quand il lui eut parlé, il lui dit : « Tu es en ce jour en position assurée et digne de confiance auprès de nous. »
12.55
Il dit : « Confie-moi la responsabilité des greniers du pays. Je suis prudent et savant. »
12.56
C’est ainsi que nous avons établi Joseph dans le pays : qu’il en dispose où bon lui semble. Nous jetons notre grâce sur qui il nous plaît. De plus, nous ne gâchons point la rétribution des gens qui excellent.
12.57
Pour autant, la rétribution de l’autre monde est bien meilleure pour ceux qui ont eu la foi et qui ont fait preuve de piété.
12.58
Les frères de Joseph vinrent alors. Ils furent introduits auprès de lui. Il les reconnut bien, alors qu’eux ne le reconnurent guère.
12.59
Quand il leur eut préparé leurs provisions, il dit : « Amenez-moi un de vos frères issu de votre père. Ne voyez-vous pas que je donne pleine mesure et que je suis le meilleur des hôtes ?
12.60
En revanche, si vous ne me l’amenez pas, vous n’aurez plus de provisions auprès de moi et vous ne m’approcherez plus. »
12.61
Ils dirent : « Nous l’obtiendrons de son père et nous ferons ce qu’il faut. »
12.62
Il dit alors à ses serviteurs : « Remettez leurs marchandises dans leurs bagages. Peut-être les reconnaîtront-ils quand ils seront de retour auprès de leurs proches ! Puissent-ils revenir ! »
12.63
Quand ils furent de retour auprès de leur père, ils dirent : « Ô père ! Ils nous ont interdit la provision de grains. Envoie donc notre frère avec nous que nous puissions l’obtenir. Nous veillerons sur lui. »
12.64
Il dit : « Devrais-je vous le confier comme je vous avais confié la garde de son frère par le passé ? Dieu est le meilleur des gardiens, et c’est lui le plus miséricordieux des miséricordieux. »
12.65
Lorsqu’ils ouvrirent leurs affaires, ils y retrouvèrent leurs marchandises. Ils dirent : « Ô père ! Que pourrions-nous vouloir de plus ? Voici que nos marchandises nous ont été rendues. Nous approvisionnerons nos familles, veillerons sur notre frère et nous y ajouterons la charge d’un chameau. C’est là une mesure facile. »
12.66
Il dit : « Jamais je ne l’enverrai avec vous, tant que vous ne m’aurez pas prêté serment devant Dieu de me le ramener, à moins que vous ne soyez acculés. » Quand ils eurent prêté serment, il dit : « Dieu est garant de nos paroles. »
12.67
Puis il dit : « Ô mes fils ! N’entrez pas tous par la même porte, mais entrez par des portes séparées. Néanmoins, je ne saurais vous être d’aucune utilité contre Dieu. La décision n’appartient qu’à Dieu. À lui je m’en remets, et à lui que s’en remettent ceux qui cherchent son appui. »
12.68
Lorsqu’ils furent entrés comme leur père le leur avait enjoint, cela ne leur fut d’aucune utilité contre Dieu. Ce n’était, au reste, qu’une précaution que Jacob en son for intérieur avait recommandée. Il avait toutefois pleinement connaissance de ce que nous lui avions enseigné. Cependant, la plupart des gens ne savent pas.
12.69
Quand ils furent introduits auprès de Joseph, il hébergea son frère auprès de lui. Il dit : « Je suis ton frère. Ne t’abandonne donc pas au désespoir à cause de ce qu’ils faisaient. »
12.70
Quand il eut préparé leurs provisions, il glissa la coupe dans les bagages de son frère. Puis un crieur annonça : « Ô caravaniers ! Vous êtes des voleurs ! »
12.71
Ils dirent en revenant vers eux : « Qu’avez-vous perdu ? »
12.72
Ils dirent : « Nous ne trouvons plus la coupe royale. Pour qui la rapportera, la charge d’un chameau. Je m’en porte garant. »
12.73
Ils dirent : « Par Dieu ! Vous le savez bien : nous ne sommes pas venus semer le désordre dans le pays et nous n’avons jamais rien volé. »
12.74
Ils dirent : « Quelle sera la récompense du coupable si vous mentez ? »
12.75
Ils dirent : « La récompense du coupable sera pour celui dont elle sera retrouvée dans les bagages : il sera pris en échange. C’est ainsi que nous récompensons les injustes. »
12.76
Il commença par leurs sacs avant celui de son frère. Puis, il la sortit du sac de son frère. C’est ainsi que nous avons ourdi cette ruse pour Joseph. Il n’aurait pas pu retenir son frère selon la loi du roi sans que Dieu l’ait voulu. Nous élevons le rang de qui nous plaît. Et au-dessus de tout homme de science il y a un savant.
12.77
Ils dirent : « S’il a commis un vol, un de ses frères en a déjà commis un auparavant. » Joseph accusa le coup sans rien leur montrer. Il dit : « Vous êtes en bien mauvaise posture. Dieu sait bien ce que vous décrivez. »
12.78
Ils dirent : « Ô Excellence ! Il a un père très âgé. Prends donc un de nous à sa place. Nous voyons bien que tu es quelqu’un d’estimable. »
12.79
Il dit : « Que Dieu me garde de ne retenir que celui auprès duquel nous avons retrouvé nos affaires. Sans quoi, nous serions vraiment injustes. »
12.80
Quand ils eurent perdu espoir, ils se concertèrent en secret. L’aîné dit : « Ne savez-vous donc pas que votre père a sur vous un serment divin, et comment jadis vous avez négligé Joseph ? Jamais je ne quitterai le pays tant que mon père ne me l’aura pas permis ou que Dieu ne l’aura pas décidé. Et il est le meilleur des juges.
12.81
Rentrez auprès de votre père et dites : “Ô père ! Ton fils a commis un vol. Nous ne pouvons témoigner que de ce à quoi nous avons assisté. Nous ne pouvions pas veiller sur ce qui nous a été caché.
12.82
Interroge la cité où nous nous trouvions ainsi que la caravane avec laquelle nous sommes revenus. Nous t’assurons que c’est bien la vérité.” »
12.83
Il dit : « Non, voilà plutôt ce que vos âmes vous ont suggéré. Que ma patience soit belle ! Peut-être que Dieu me les rendra tous ! Il est le Très Savant, le Sage. »
12.84
Et il s’en retourna en disant : « Hélas, mon pauvre Joseph ! » Ses yeux blanchirent de tristesse tant il était accablé.
12.85
Ils dirent : « Grand Dieu ! Ne cesseras-tu donc jamais d’évoquer Joseph, tant que tu ne seras pas redevenu poussière ou que tu n’aies causé ta propre perte ? »
12.86
Il dit : « Je ne me plains qu’à Dieu de mon déchirement et de mon chagrin. Je sais de Dieu ce que vous ne savez pas.
12.87
Ô mes fils ! Allez et enquérez-vous de Joseph et de son frère et ne perdez pas espoir dans le souffle de Dieu ; car seul un peuple de négateurs peut perdre espoir dans le souffle de Dieu. »
12.88
Puis, quand ils furent introduits auprès de lui, ils dirent : « Ô Excellence ! Le malheur s’est abattu sur nous et nos familles, et nous n’avons apporté que des marchandises de peu de valeur. Donne-nous pleine mesure et sois charitable envers nous, car Dieu récompense toujours les charitables. »
12.89
Il dit : « Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère dans votre ignorance ? »
12.90
Ils dirent : « Serait-ce donc toi, Joseph ? » Il dit : « Je suis bien Joseph, et celui-ci est mon frère. Dieu nous a privilégiés, car quiconque fait preuve de piété et de patience, Dieu ne gâche point la rétribution des âmes estimables. »
12.91
Ils dirent : « Grand Dieu ! Dieu t’a vraiment avantagé sur nous, et nous, nous sommes bel et bien du nombre des fautifs. »
12.92
Il dit : « Pas de reproches sur vous en ce jour. Que Dieu vous pardonne, car il est le plus miséricordieux des miséricordieux !
12.93
Allez avec cette tunique-ci, et déposez-la sur le visage de mon père, il recouvrera la vue. Et amenez-moi l’ensemble de votre famille. »
12.94
Lorsque la caravane se fut mise en route, leur père dit : « Je sens le parfum de Joseph, quand bien même vous me prendriez pour un fou. »
12.95
Ils dirent : « Grand Dieu ! Te voilà revenu à ton ancien délire ! »
12.96
Puis, lorsque fut arrivé le porteur de bonne nouvelle, il la posa sur son visage et il recouvra aussitôt la vue. Il dit : « Ne vous ai-je pas dit que je savais de Dieu ce que vous ne savez pas ? »
12.97
Ils dirent : « Ô père ! Implore pour nous la rémission de nos péchés ! Nous avons été fautifs. »
12.98
Il dit : « Bientôt, j’implorerai pour vous le pardon de mon Seigneur. Il est le Plein de pardon et le Très Miséricordieux ! »
12.99
Quand ils furent introduits auprès de Joseph, il hébergea ses père et mère auprès de lui, et dit : « Entrez en Égypte si Dieu le veut en toute sûreté. »
12.100
Il éleva alors ses père et mère sur le trône et ils tombèrent devant lui prosternés. Il dit : « Ô mon père ! Voici le sens de ma vision d’autrefois. Mon Seigneur l’a réalisée. Il m’a traité avec bonté lorsqu’il m’a fait sortir de prison, et lorsqu’il vous a fait venir du désert, après que Satan se fut immiscé entre mes frères et moi. Mon Seigneur est bienveillant envers qui lui plaît, car c’est lui le Très Savant, le Sage.
12.101
Seigneur ! Tu m’as donné une part du royaume et tu m’as enseigné comment déchiffrer les signes. Fondateur des cieux et de la terre, tu es mon protecteur dans ce monde et dans l’autre. Prends mon âme en paix, et joins-moi aux vertueux. »
12.102
Tels sont les récits de l’inconnu que nous t’inspirons. Tu n’étais pas auprès d’eux lorsqu’ils se rassemblèrent pour leur affaire en complotant.
12.103
Cependant, même si tu insistais, la majeure partie des gens n’a aucune foi.
12.104
Pourtant, tu ne leur en demandes aucun salaire. Il ne s’agit que d’un rappel aux mondes.
12.105
Que de signes dans les cieux et sur la terre passent-ils en s’en détournant.
12.106
La majeure partie d’entre eux ne se confient en Dieu qu’en étant associateurs.
12.107
Se croient-ils donc à l’abri qu’une chape du châtiment de Dieu ne s’abatte sur eux ou que l’Heure ne sonne soudainement sans qu’ils en aient conscience ?
12.108
Dis : « Voici mon sentier ! J’appelle à Dieu en toute clairvoyance : moi ainsi que celui qui me suit. Glorifié soit Dieu ! Je ne suis pas du nombre des associateurs. »
12.109
Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes inspirés parmi les habitants des cités. N’ont-ils pas parcouru la terre pour constater ce qu’il est advenu de ceux qui les ont précédés ? Or, la dernière demeure est préférable pour ceux qui auront fait preuve de piété. Ne raisonnez-vous donc pas ?
12.110
Quand les messagers furent sur le point de perdre espoir et qu’ils pensèrent avoir été désavoués, ils reçurent notre secours. Nous sauvons certes qui nous plaît ; et notre rigueur ne saurait être détournée d’un peuple de criminels.
12.111
Il y a dans leurs récits une leçon pour les gens doués de raison. Ce n’est point là un propos fabriqué. Mais une confirmation de ce qui se trouve entre ses mains, un exposé détaillé de toute chose, ainsi que direction et miséricorde pour un peuple qui a la foi.
13. Ar-Ra‘d (Le Tonnerre)
13.1
Alif, Lam, Mim, Ra (A, L, M, R). Tels sont les signes du Livre. Ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur est vérité. Mais la plupart des gens n’ont pas la foi.
13.2
C’est Dieu qui a élevé les cieux que vous voyez sans piliers, puis il s’est dressé sur le trône. Il a mis en mouvement le soleil et la lune : chacun poursuivant sa course vers un terme assigné. Il règle toute chose et expose en détail les signes afin que vous ayez la certitude de la rencontre de votre Seigneur.
13.3
C’est lui qui a étendu la terre et y a placé des montagnes ancrées et des fleuves. Et il y a placé un couple de chaque espèce de fruits. La nuit recouvre le jour. Il y a bien là des signes pour un peuple de gens qui réfléchissent.
13.4
La terre se compose de lopins voisins, de jardins plantés de vignes, de céréales, de palmiers unis en bosquets et de palmiers solitaires qu’une eau unique arrose. Pourtant, il fait préférer le goût de certains à d’autres. Il y a bien là des signes pour un peuple de gens qui raisonnent.
13.5
Si tu t’étonnes : leurs paroles sont effectivement étonnantes : « Reviendrons-nous à la vie lorsque nous serons poussière ? » Ceux-là sont ceux qui ont nié leur Seigneur. Ceux-là sont ceux dont les cous sont entravés. Ceux-là sont les gens de l’Enfer où ils resteront éternellement.
13.6
Ils te pressent de hâter les maux avant les joies. Pourtant des châtiments exemplaires les ont déjà précédés. Ton Seigneur est celui qui pardonne largement aux gens malgré leur injustice. Mais ton Seigneur est également sévère en punition.
13.7
Ceux qui ont renié disent : « Pourquoi un signe ne lui est-il pas révélé par son Seigneur ? » Tu n’es qu’un simple avertisseur. À chaque peuple son guide.
13.8
Dieu sait ce que chaque femelle porte, et ce que les matrices écourtent ou gardent. Toute chose a auprès de lui sa mesure.
13.9
Le connaisseur du visible et de l’invisible, le Grand, le Très Élevé.
13.10
Peu importe qui parmi vous garde la parole secrète ou la prononce ouvertement, se cache la nuit ou se montre au grand jour.
13.11
Il a, conformément à l’ordre de Dieu, des gardiens qui se relaient devant et derrière lui et qui le protègent. Dieu en effet ne change point l’état d’un peuple, tant qu’ils n’ont pas changé ce qui se trouve en leur âme. Quand Dieu a voulu un mal pour un peuple, nul ne peut le repousser. Et qu’ont-ils en dehors de lui comme protecteur ?
13.12
C’est lui qui vous fait voir l’éclair : crainte et espoir, et il forme les lourds nuages.
13.13
Le tonnerre le glorifie par sa louange et les anges aussi, de crainte devant lui. Il lance la foudre et en frappe qui il veut. Pourtant ils polémiquent au sujet de Dieu alors qu’il est implacable.
13.14
À lui invite la vérité. Cependant, ceux qu’ils invoquent en dehors de lui ne répondent à aucune de leurs demandes, sauf à l’image de celui qui tend ses deux mains vers l’eau pour la porter à sa bouche mais qui n’y parvient jamais. La prière des négateurs n’est qu’égarement.
13.15
C’est devant Dieu que se prosternent ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, bon gré, mal gré, ainsi que leurs ombres au levé et au couché du jour.
13.16
Dis : « Qui est le Seigneur des cieux et de la terre ? » Dis : « Dieu. » Dis : « Avez-vous donc pris en dehors de lui des alliés qui ne possèdent pour eux-mêmes ni perte ni profit ? » Dis : « L’aveugle et le clairvoyant se valent-ils ? Ou bien, les ténèbres et la lumière sont-elles égales ? Ou bien, ont-ils donné à Dieu des associés qui auraient créé la même création que la sienne, de sorte que les créations se seraient confondues à leurs yeux ? » Dis : « Dieu est le créateur de toute chose et il est l’Unique et l’Invincible. »
13.17
Il a fait descendre du ciel de l’eau à laquelle les vallées servent de lit, chacune à sa mesure. Le flot a alors charrié une écume qui remonte à la surface. Et de ce que vous portez au feu pour en faire des bijoux et autres objets, une écume semblable. C’est ainsi que Dieu donne en exemple le vrai et le faux. L’écume se dissipe sans laisser de trace. Par contre, ce qui est utile aux Hommes reste dans la terre. C’est ainsi que Dieu forge les paraboles.
13.18
La félicité appartient à ceux qui ont répondu à leur Seigneur. Quant à ceux qui ne lui ont pas répondu, quand bien même ils auraient l’ensemble de ce qui se trouve sur la terre et autant encore, ils l’offriraient volontiers pour se racheter. Ceux-là auront un compte amer. La Géhenne sera leur refuge. Et quel lamentable séjour !
13.19
Celui qui sait que ce qui t’a été révélé de la part de ton Seigneur est seule la vérité, est-il semblable à celui qui est aveugle ? Seuls les gens doués de raison se le rappellent.
13.20
Ceux qui sont fidèles à leur engagement envers Dieu et ne rompent pas le pacte.
13.21
Ceux qui lient ce par quoi Dieu a ordonné qu’on lie, qui craignent leur Seigneur et redoutent la mauvaise part du compte.
13.22
Ceux qui ont enduré avec patience à la recherche de la face de leur Seigneur, qui ont accompli la Dévotion, qui ont dépensé de ce que nous leur avons prodigué, en secret et ouvertement, et repoussent le mal par le bien. Ceux-là auront la dernière demeure.
13.23
Aux jardins d’Éden ils entreront, ainsi que ceux qui auront fait le bien parmi leurs pères, leurs épouses et leur descendance. Par toutes les portes, les anges entreront auprès d’eux.
13.24
« Paix sur vous pour ce que vous avez enduré. Comme est bonne votre dernière demeure ! »
13.25
Quant à ceux qui rompent leur engagement envers Dieu, coupent ce par quoi Dieu a ordonné qu’on lie, et qui sèment la corruption sur la terre, ceux-là auront malédiction et mauvaise demeure.
13.26
Dieu étend avec mesure ses dons à qui il veut. Or, ils se sont réjouis de la vie d’ici-bas, alors que la vie de ce monde dans l’au-delà n’est que jouissance passagère.
13.27
Ceux qui ont renié disent : « Pourquoi un signe ne lui est-il pas révélé par son Seigneur ? » Dis : « Dieu égare qui il veut et guide vers lui celui qui revient. »
13.28
Ceux qui se sont confiés et dont les cœurs s’apaisent dans l’évocation de Dieu. N’est-ce pas par l’évocation de Dieu que s’apaisent les cœurs ?
13.29
Ceux qui se sont confiés et ont accompli de bonnes œuvres, à eux la béatitude et le plus beau des retours.
13.30
C’est ainsi que nous t’avons envoyé au sein d’une communauté, précédée par d’autres communautés avant elle, afin que tu leur récites ce que nous t’avons inspiré, tandis qu’ils rejettent le Plein de grâce. Dis : « Il est mon Seigneur. Nul autre dieu que lui. À lui je m’en remets, et c’est vers lui que se porte mon retour. »
13.31
Si une récitation pouvait déplacer les montagnes, fendre la terre et faire parler les morts… L’ordre tout entier appartient à Dieu. Ceux qui se sont confiés n’ont-ils pas désespéré de ce que Dieu aurait pu guider toute l’Humanité s’il l’avait voulu ? Cependant, ceux qui ont renié ne cesseront pas d’être frappés de revers pour prix de ce qu’ils tramaient, que ce soit loin ou près de leurs demeures, jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse de Dieu. Dieu ne manque jamais au rendez-vous.
13.32
Certes, bien d’autres messagers avant toi ont été raillés. J’ai alors donné un sursis à ceux qui ont renié, puis je les ai saisis. Et quelle fut la punition !
13.33
N’est-il pas celui qui veille au-dessus de chaque âme en fonction de ce qu’elle amasse ? Pourtant, ils ont donné des associés à Dieu. Dis : « Nommez-les. Lui apprendrez-vous ce qu’il ignore sur terre par la vacuité de vos paroles ? » Non ! Les manigances de ceux qui ont renié leur ont été enjolivées et ils se sont plantés au milieu du sentier. Celui que Dieu égare, qui pourrait-il avoir pour guide ?
13.34
Ils subiront un châtiment dans ce monde. Mais le châtiment de l’autre monde sera bien plus rude. Or, ils n’auront contre Dieu aucun rempart.
13.35
Comme est tel l’exemple du jardin qui a été promis aux pieux : à ses pieds coulent des rivières qu’arrosent une nourriture perpétuellement renouvelée, ainsi que son ombrage. Telle est la fin de ceux qui auront été pieux, tandis que la fin des négateurs est le Feu.
13.36
En outre, ceux à qui nous avons donné le Livre se réjouissent de ce qui t’a été révélé, alors qu’au sein des factions certains en rejettent une partie. Dis : « Il m’a seulement été commandé d’adorer Dieu et de ne rien lui associer. C’est à lui que j’appelle et c’est vers lui que je reviens. »
13.37
C’est ainsi que nous l’avons révélé : sous la forme d’une sentence en arabe. Si tu avais suivi leurs extravagances après ce que tu as reçu de science, tu n’aurais eu contre Dieu ni protecteur ni rempart.
13.38
En outre, nous avons dépêché des messagers avant toi à qui nous avons donné épouses et descendants. Il n’appartient pas à un messager d’apporter des signes si ce n’est avec la permission de Dieu. À chaque époque sa prescription.
13.39
Dieu efface ce qu’il veut et fixe. Auprès de lui se trouve la source des Écritures.
13.40
Que nous te fassions voir une partie de ce que nous leur promettons ou que nous te rappelions à nous, seul t’incombe la transmission. Le compte nous revient.
13.41
Ne voient-ils donc pas que nous prenons la terre et l’érodons à ses extrémités ? Dieu juge sans que personne ne supervise ses décisions. Il est prompt dans ses comptes.
13.42
Ceux qui les ont précédé ont déjà tramé des plans. Néanmoins, tous les plans dans leur ensemble appartiennent à Dieu. Il sait ce que chaque âme acquiert. Et le négateur acharné saura bientôt pour qui est la dernière demeure !
13.43
Par ailleurs, ceux qui ont renié disent : « Tu n’es pas un envoyé. » Dis : « Dieu suffit comme témoin entre vous et moi, ainsi que celui qui a la science du Livre. »
14. Ibrahim (Abraham)
14.1
Alif, Lam, Ra (A, L, R). C’est un livre que nous t’avons révélé afin qu’avec la permission de leur Seigneur, tu fasses sortir les Hommes des ténèbres vers la lumière, vers le chemin du Tout-Puissant, le Digne de louange.
14.2
Dieu à qui appartient ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre. Mais malheur aux négateurs d’un châtiment sévère.
14.3
Ceux qui préfèrent la vie d’ici-bas à l’au-delà, qui obstruent le sentier de Dieu et cherchent à le rendre tortueux. Ceux-là sont dans un égarement évident.
14.4
Nous n’avons envoyé de messager qu’avec la langue de son peuple afin qu’il les éclaire. Dieu égare qui il veut et guide qui il veut. Il est le Tout-Puissant, le Sage.
14.5
Nous avons envoyé Moïse avec nos signes : « Que tu fasses sortir ton peuple des ténèbres vers la lumière ; et rappelle-leur les jours de Dieu. » Il y a bien là des signes pour tout endurant reconnaissant.
14.6
Lorsque Moïse dit à son peuple : « Souvenez-vous des bienfaits de Dieu sur vous : lorsqu’il vous sauva de la famille de Pharaon qui vous infligeaient le pire des tourments. Ils égorgeaient vos fils et laissaient vivre vos femmes. C’était là une épreuve terrible de la part de votre Seigneur. »
14.7
Lorsque votre Seigneur proclama : « Si vous rendez grâce, je vous en donnerai davantage. Mais si vous reniez, mon châtiment sera terrible. »
14.8
Et Moïse dit : « Quand bien même vous renieriez, ainsi que tous ceux qui sont sur la terre dans leur ensemble, Dieu est celui qui se suffit à lui-même et le Digne de louange. »
14.9
Ne vous sont-ils pas parvenus les récits de ceux qui vous ont devancés : le peuple de Noé, des ‘Ad, des Thamud et de ceux qui vécurent après eux et que seul Dieu connaît ? Leurs messagers leur vinrent avec des preuves irréfutables. Mais ils se couvrirent la bouche de leurs mains en disant : « Nous rejetons ce que vous apportez. Et nous sommes quant à ce vers quoi vous nous appelez, dans un doute suspicieux. »
14.10
Leurs messagers dirent : « Y a-t-il le moindre doute au sujet de Dieu, le fondateur des cieux et de la terre ? Il vous appelle afin de vous pardonner vos péchés et de vous renvoyer à un terme fixé. » Ils dirent : « Vous n’êtes que des êtres de chair, comme nous. Vous cherchez à nous détourner de ce qu’adoraient nos pères. Apportez-nous donc un argument décisif. »
14.11
Leurs messagers leur dirent : « Nous ne sommes certes que des êtres de chair comme vous. Mais Dieu accorde ses faveurs à qui il veut d’entre ses serviteurs. Nous n’avons à vous apporter de preuve qu’avec la permission de Dieu. Qu’à Dieu se remettent les gens de foi !
14.12
Qu’aurions-nous à ne pas nous en remettre à Dieu alors qu’il a déjà tracé nos sillons ? Nous endurerons avec patience ce que vous nous infligez. Que sur Dieu se reposent ceux qui cherchent son appui ! »
14.13
Ceux qui ont renié dirent à leurs messagers : « Nous vous chasserons de notre terre ou vous reviendrez à notre culte. » Leur Seigneur leur inspira : « Nous anéantirons les injustes.
14.14
Et nous vous ferons habiter la terre après eux. Ceci est pour celui qui craint ma position et qui craint ma mise en garde. »
14.15
Ils implorèrent l’issue. Tout tyran acharné perdit alors la face.
14.16
Derrière lui se trouve la Géhenne. Et il sera abreuvé d’une eau purulente.
14.17
Il la boira à petites gorgées. Mais c’est à peine s’il pourra l’avaler. La mort le prendra de tous côtés, et pourtant il ne mourra pas. Un supplice atroce sera à ses trousses.
14.18
Les œuvres de ceux qui ont renié leur Seigneur sont telles un tas de cendres que balaient des vents furieux un jour de tempête. Ils ne retiennent rien de tout ce qu’ils ont amassé. Tel est l’égarement sans retour.
14.19
Ne vois-tu pas que Dieu a créé les cieux et la terre en toute vérité ? S’il le voulait, il vous ferait disparaître et renouvellerait la création.
14.20
Ceci ne serait pas grand-chose pour Dieu.
14.21
En outre, ils comparaîtront tous devant Dieu. Les serviles diront à ceux qui se seront enflés d’orgueil : « Nous n’avons fait que vous suivre. Nous serez-vous de la moindre utilité contre le châtiment de Dieu ? » Ils diront : « Si Dieu nous avait guidés, nous vous aurions guidés. Que nous nous débattions ou que nous nous résignions, c’est égal. Nous n’avons plus d’échappatoire. »
14.22
Quand l’affaire sera jugée, Satan dira : « Dieu vous a fait une promesse véridique, tandis que je vous ai fait une promesse que je ne pouvais pas tenir. Je n’avais sur vous aucune autorité, sauf lorsque je vous appelais et que vous me répondiez. Ne me blâmez donc pas, mais blâmez plutôt vos propres âmes. Il ne m’appartient pas de vous sauver, et vous n’avez pas non plus à me sauver. Je rejette catégoriquement ce que vous m’avez associé naguère. » Les injustes subiront un châtiment douloureux.
14.23
Quant à ceux qui se seront confiés et qui auront accompli de bonnes œuvres, ils seront accueillis dans des jardins sous lesquels coulent des ruisseaux, où ils demeureront éternellement avec la permission de leur Seigneur. Leur salutation y sera : « Paix. »
14.24
Ne vois-tu pas comment Dieu propose en parabole une parole pure semblable à un bel arbre dont les racines sont profondément ancrées, et dont les branches s’élancent dans le ciel ?
14.25
Il donne des fruits régulièrement avec la permission de son Seigneur. Dieu propose ses paraboles à l’intention des gens, afin qu’ils se les rappellent.
14.26
Et une mauvaise parole est semblable à un mauvais arbre pourrissant au sol sans racines.
14.27
Dieu renforce ceux qui se sont confiés par une parole profonde dans ce monde et dans l’autre. En outre, Dieu égare les injustes. Dieu agit comme il l’entend.
14.28
Ne vois-tu pas ceux qui ont altéré les bienfaits de Dieu par leur négation, et qui ont installé leur peuple dans une demeure stérile ?
14.29
Dans la Géhenne ils seront jetés. Et quel gîte affreux !
14.30
Ils ont fait des égaux à Dieu pour égarer loin de son sentier. Dis : « Jouissez donc, car votre marche mène vers l’Enfer. »
14.31
Dis à mes serviteurs qui se sont confiés, d’accomplir la Dévotion et de dépenser de ce que nous leur avons prodigué, secrètement et ouvertement, avant que ne survienne un jour où il n’y aura plus ni commerce ni amitié.
14.32
Dieu, celui qui a créé les cieux et la terre et qui a fait descendre du ciel une eau avec laquelle il fait pousser des fruits pour votre subsistance. Il a mis à votre service les vaisseaux qui voguent sur la mer par son ordre, de même qu’il a mis à votre disposition les fleuves.
14.33
Il a mis à votre service le soleil et la lune dans leur course perpétuelle. Et il a mis à votre service la nuit et le jour.
14.34
Il vous a également accordé de tout ce que vous lui demandiez. Si vous vous mettiez à compter les bienfaits de Dieu, vous ne sauriez les dénombrer. L’être humain est vraiment un injuste, négateur obstiné.
14.35
Et lorsque Abraham dit : « Seigneur ! Fais de cette contrée un lieu sûr et préserve-moi ainsi que mes enfants de l’adoration des idoles.
14.36
Seigneur ! Elles ont égaré nombre de gens. Que celui qui me suivra soit des miens. Quant à celui qui me désobéira, tu es Plein de pardon et Très Miséricordieux.
14.37
Notre Seigneur ! J’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans culture près de ton temple sacré. Notre Seigneur ! Pour qu’ils accomplissent la Dévotion. Fais que les cœurs penchent vers eux et accorde-leur des fruits afin qu’ils soient reconnaissants.
14.38
Notre Seigneur ! Tu sais ce que nous cachons et ce que nous montrons. » Et rien de ce qui est sur terre ou dans le ciel n’est caché à Dieu.
14.39
« Louange à Dieu, qui m’a comblé d’Ismaël et d’Isaac durant ma vieillesse ! Mon Seigneur entend vraiment les prières.
14.40
Seigneur ! Fais que j’accomplisse la Dévotion, ainsi que ma descendance. Notre Seigneur ! Et accepte ma prière.
14.41
Notre Seigneur ! Pardonne-moi ainsi qu’à mes père et mère, et aux gens de foi au jour de la reddition des comptes. »
14.42
Ne crois pas que Dieu soit inattentif à ce que font les injustes. Il les renvoie seulement au jour où les regards se figeront.
14.43
Pliés en deux, leurs têtes rejetées en arrière, sans qu’ils puissent même cligner des yeux, le cœur vide.
14.44
Avertis les gens que le jour où le châtiment leur viendra, ceux qui auront été injustes diront : « Seigneur ! Accorde-nous un bref délai : nous répondrons à ton appel et nous suivrons les messagers. » N’avez-vous pas juré auparavant que vous n’auriez pas de fin ?
14.45
Pourtant vous avez habité les demeures de ceux qui ont été injustes envers eux-mêmes. Ce que nous avons fait d’eux vous a été clairement exposé. Et nous vous avons cité des exemples.
14.46
Par ailleurs, ils ont ourdi des complots. Or, leurs plans sont connus de Dieu, même si leurs manigances avaient eu pour but de faire disparaître les montagnes.
14.47
Ne crois donc pas que Dieu puisse manquer à sa promesse envers ses messagers. Dieu est puissant et vengeur.
14.48
Le jour où la terre sera remplacée par une autre, ainsi que les cieux, et qu’ils comparaîtront devant Dieu, l’Unique, l’Invincible.
14.49
Ce jour-là, tu verras les criminels enchaînés deux à deux.
14.50
Leurs vêtements seront de goudron, et le Feu couvrira leurs visages.
14.51
Afin que Dieu rétribue chaque âme selon ce qu’elle aura acquis. Dieu est prompt dans ses comptes.
14.52
Ceci est un communiqué pour les gens : pour qu’ils en soient avertis et pour qu’ils sachent qu’il est un dieu unique, et pour que les gens doués de raison se le rappellent.